Bettina De Pauw

Souffrance                                             bouton_medias

Lors d’un congrès médical sur le traitement de la douleur dans les soins palliatifs auquel je participais, un médecin a prôné l’anesthésie partielle ou totale comme remède à toutes les douleurs, y compris à l’angoisse existentielle et à la dépression qui surgissent naturellement vers la fin de vie. J’ai été à la fois choquée et interpelée.

Que se passerait-il si nous réprimions systématiquement toutes les souffrances dans nos vies, celles de l’adolescent, celles créées par le fait de grandir, par les deuils… Que serait cette vie anesthésiée ? N’est-ce pas un idéal prôné par les médias, les publicités… ?

La conférence « La souffrance, de quoi parle-t-elle ? », que j’ai donnée lors d’un symposium médical à Bruxelles a suscité de nombreuses réactions de la part des médecins.

 J’ai écrit à sa suite l’article « La souffrance, de quoi parle-t-elle ? » 

La pire souffrance est créée parce que nous voulons nous protéger contre la souffrance, ou plutôt parce que nous voulons l’exclure. Comment la souffrance peut-elle être source de transformation ? Elle l’est quand son feu va brûler nos compréhensions limitatives, faire des brèches dans notre cadre de références, par lesquelles la vie peut couler davantage…

Au moment où nous pouvons nous abandonner, notre rapport aux choses change, il y a quelque chose de nouveau qui est là, qui nous inspire, qui nous respire. Une présence, un état au delà des mots, au delà du mental, une pulsation du cœur, une respiration divine. Comme dit Kierkegaard : « Lâcher prise, c’est perdre pied temporairement. Ne pas lâcher prise, c’est perdre pied pour toujours. »

Extraits de l’article «la souffrance de quoi parle-t-elle?» Paru dans la revue Terre du Ciel n° 67

Lire l’article complet