Bettina De Pauw

 

13/10/2016

Quand tous les « si seulement » tombent

Quand le conditionnel fait place à l’inconditionnel

Seules demeurent la paix et la vastitude

Quand l’effort de ne plus rien faire rencontre l’effort de creuser cette direction encore et encore

Quand l’effort de quitter tous les conforts connus rencontre l’appel de ce que nous connaissons déjà au plus intime, au plus profond de nous

Seules demeurent la paix et la vastitude

 

26/9/2016 – Ce WE nous avons célébré notre Cercle de Lumière: « Au delà de la peur, la plénitude du cœur ». Ce fut un WE de grande intensité, vertigineux , de grande authenticité et de bienveillance. Chaque peur identifiée, rencontrée, dansée, apprivoisée, a révélé la grandeur et la puissance de notre âme. Merci à tous ces compagnons de cette transformation, et de la mise en évidence de notre grand Coeur ! 

 25 /2/ 2016 – La vie et la mort reliées par amour, c’est la métamorphose.

La chenille devient papillon, en laissant faire, en ne résistant pas. En osant aussi, en ayant  le courage de se laisser mourir.  A ce moment-là, la vie se dévoile dans toute sa beauté, toute sa plénitude ! Vivre, c’est  mourir à ce qui n’est pas moi. Chaque fois à nouveau ! C’est l’appel de la Vie, l’appel de  la transformation, de la métamorphose. Quand ça fait mal, accueillez cette douleur, laissez faire, car elle dit  que quelque chose est en train de lâcher, de se transformer. Permettez aussi que cela « passe » naturellement, c’est cela : se laisser mourir !  C’est laisser partir un morceau de nous qui n’était pas vraiment nous. Jusqu’à il n’y ait plus rien à penser, plus rien à ressentir. Juste le doux « feeling » d’être…

2/1 2016 – 2015 s’en est allé doucement et  2016 n’a pas encore dévoilé son vrai visage…Dans ce délicieux moment entre deux, l’air de « faire » donne place à l’air d’ « être », permettant de savourer la Source : un sentiment océanique,   tendre, sans limites. Le temps est suspendu, libre de manifester ce qu’il souhaite. En s’élevant, il agrandit son champ, englobant toute l’année écoulée, en y extrayant la quintessence. Qu’ai -je appris cette année à travers les événements collectifs, et individuels ? Quelles forces et profondeurs ai-je découvert en moi ?  Quels pièges et obstacles ? Comment tous ces résidus ont forgé mon âme ?  Quels nouveaux terrains ai-je explorés, vers où mon âme s’est envolée ? Comment aujourd’hui la lumière de ma conscience se présente ? Quel goût a l’amour ? Quelle est mon intention pour l’année 2016 ?

12/9/2015

Lors d’une sieste dans un hamac. Je sais tout à coup pourquoi j’aime tellement l’espace entre deux. Tel le bien-être à se laisser bercer au fond d’une barque sur l’océan. Ces petits moments de retour de balançoire, d’apogée, où le mouvement s’arrête, cette petite suspension avant que le mouvement inverse se mette en route. Pendant un infime laps de temps, il y a ce petit saut qui lance le corps dans un moment délivré de la loi de gravité. Sensation d’être sans corps, léger comme une plume. Ce bien-être se maintient grâce à cette alternance rythmée de mouvement et de suspension. D’où sans doute le bonheur si répandu du bercement, que ce soit celui du bébé ou celui pour consoler un chagrin. J’ai un flash de mon enfance – Dans mon enfance, je passais des heures d’affilée sur une balançoire, de préférence au soleil levant ou soleil couchant. … Maintenant je comprends. Oui c’était pour ce moment. Cette fraction de liberté infinie, englobant petit à petit le mouvement entier.

11/7/2015

La mort apparaît comme l’échec de la vie.

Toute la vie nous espérons un jour tout atteindre, l’amour, la paix, la réalisation de nos buts. Nous perdons notre temps en nous battant avec le temps. Le temps qui court, le corps qui change, le vieillissement, le dragon du temps qui détruit tout. La peur de ne pas y arriver, latente. Au fin fond, la peur derrière les peurs est toujours la peur de la mort.  

Au moment de la mort, l’échec est acté. Le moulin des projections dans le futur n’a plus rien à quoi s’accrocher. Sans la fuite en avant, ce sont les décombres enfouis du passé qui envahissent le présent. Quand tout se ralentit, la cours s’arrête, se perçoit un tressaillement, une douceur entre les failles du mental.

Le cœur  se souvient de sa priorité. L’amour coule plus abondamment… Les cœurs veulent s’unir, s’assurer que les derniers mots sont des mots d’amour. Devant la mort, nous sommes pareils, dénudés. Nos différences et nos différents s’estompent…  Nous resserrons les liens qui nourrissent le cœur, qui passent en avant-plan, devant tous les autres événements de la vie. Comme autour d’une naissance, l’autre porte vers l’éternité. Dans ces temps de passage, ces entre-deux, le mystère est palpable. L’amour apparaît sans forme …

Il y a la sensation indéniable que quelque chose d’autre est à l’œuvre, plus grand que nous. Nous ne sommes peut-être pas  ce corps, pas réduit à lui, nous le réalisons avec un choc. Le cœur saisit un mouvement originel.

Il y a la présence de la grâce dans l’acte de mourir, une force mystérieuse qui dirige. Ce n’est pas moi qui fait, ce n’est pas moi qui meurt. Ça se fait à moi, comme la naissance.

 Cette force, cet amour, nous porte, nous anime, non seulement au début et à la fin, mais à chaque instant de notre vie.

Nous le ne voyons pas, trop occupés à faire « marcher » notre vie. Nous nous battons non seulement avec le temps mais avec la vie. Une lutte constante, que nous sommes condamnés à perdre…

La mort révèle l’amour comme force qui la transcende.

Plus il est fort, plus il déterre tout ce qui est caché, enfoui, et aussi la mort. Une fois que cet ennemi tant craint est mis en présence, a pris sa place, la mort perd son aspect effrayant, hostile.

Après il y a comme une libération, l’amour coule plus librement entre tous.

Quand la mort n’est plus un ennemi, qu’est ce qu’on a encore à craindre ?

Si nous savons mourir nous savons vivre.

 La vrai mort, c’est la peur de la mort.

Cette tension continue,  entre l’invitation de la Vie et l’effort à maintenir une identité séparée, est la vraie  souffrance.

Cette souffrance est aussi une chance.

Causée par la friction entre mes attentes et ce qui est, elle me révèle mes limites, elle œuvre en moi, pointe vers un autre horizon. Elle est le désir profond d’union, l’appel de l’amour, l’appel au retour chez soi.

Quand finalement je lâche prise, je m’incline,  je me laisse mourir,  je suis traversé par le souffle d’amour. Là ou je recule, Dieu peut entrer. Jusqu’à ce que finalement la mort et la Vie se fondent dans une présence indivisible, au-delà des opposés.

L’éternel inconnu,

Toujours nouveau,

La vie elle-même,

 À tout jamais souveraine.

(extrait de ma conférence au Forum Terre du Ciel , 2 mai 2015) 

 11/01/15

 Je pense que nous sommes vraiment a l’aube d’une révolution de la conscience humaine. En lisant les divers pancartes  » je suis musulman, je suis français, je suis juif,.. » Je réalise tout a coup que le slogan devenu international  » je suis Charlie » est très symbolique. Il ne dit pas  » je suis comme Charlie », non, je SUIS Charlie. L’identité personnelle cédé pour faire place a une identité commune, une conscience universelle ou nous sommes tous pareille, accompagne des vagues d’applaudissements de joie …

Une autre pancarte montre les crayons comme armes du citoyen, en contraste avec les armes ordinaires. Le crayon, symbole de la parole, de la communication, de l’imaginaire, tous des valeurs féminins remplaçant les valeurs masculins d’armes et de lutte ! Comme le disait Amma :  » il n’y aura pas de paix dans le monde, tant qu’il n’y aura pas de paix entre les sexes »…

07/01/15  

Ce soir, comme par hasard je suis en avance pour mon rendez vous près des terreaux. Un homme qui suit le même trajet me raconte qu’il va a la réunion silencieuse aux terreaux pour Charlie… Je décide de le suivre. En marchant il me partage une citation : « quand il y’a avait une manifestation pour les juifs, j’ai dit cela me ne concerne pas, quand il y avait une manifestation pour les homosexuels j’ai dit cela ne me concerne pas… quand c’était mon tour il n y avait plus personne… » En arrivant sur la place je suis touchée par la grande foule déjà réunie, très calme et silencieuse. Une émotion me saisit, tant de gens qui ont suivi l’élan de leurs cœurs, spontanément! La place se rempli très vite de plus en plus et je suis frappée par le silence qui règne… Une personne de la mairie parle dans le micro, j’entends des bribes : le souhait de vivre ensemble en liberté quelque soit la philosophie ou la religion. Des paroles qui vont droit au cœur. Puis un orchestre joue une musique classique, je sens le pouvoir apaisant de la musique. J’observe les silhouettes des milliers de personnes devant moi, pas un seul mouvement pendant des minutes, nous sommes comme des statues. Je regarde autour de moi : beaucoup de jeunes le visage grave. Que se passe-t-il dans leurs têtes ? Un saisissement collectif, une prière sans mot. Quelques hurlements émotifs dans au loin mais les gens restent inébranlablement ancrés dans une intériorité. Ceci n’est pas une masse manipulable pour un déchainement émotif, mais des gens qui viennent témoigner d’autre chose, d’une force intérieure, d’une solidarité. Mon cœur s’emplit de reconnaissance. L’amour n’est pas un beau discours mais devient concret là, vécu, quand ça touche de plus près. Le choix est là, et il est grave. Je me dis que la réalité n’est pas juste cette tuerie macabre, c’est aussi, et surtout ce que je vis là, dans cette foule.

07/01/2015

Le WE du 5-6 décembre nous avions eu notre Cercle de Lumière. L’évidence des contacts, le langage direct et évident du cœur, peu import qu’on se connaissait déjà d’avant ou pas… tout de suite le groupe a démarré avec une belle profondeur. Le thème  » qu’est-ce qui nous porte dans notre vie » nous  reliait directement a l’essentiel, au but de notre vie et l’espace du coeur. Il y avait les méditations, le chant qui nous emportait. Nous explorions les rythmes du cœur dans le corps, nous travaillons sur nos rêves et avons pris des résolutions concrètes pour les réaliser ! Le dimanche nous avons contemplé les désirs, l’action, l’ouverture à l’inconnu, chacun à une révélation pour lui important dans ce moment. Nous étions en contact avec la pulsation de vie pure, au-delà de l’identification avec un moi séparé, jusqu’à nous sentir envelopper dans le silence profond. C’était un très beau WE, digne de son nom!

 

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Voir la perfection dans ce monde – les yeux de l’amour 

Nous n’avions jamais été aussi loin dans le perfectionnement de tout… C’est une quête sans fin. Qu’est-ce qu’il y a au bout ? En même temps que les choses se perfectionnent, l’ensemble du monde se détruit, se désintègre de plus en plus. La perfection n’existe pas dans le domaine de la raison . Quelle est la motivation profonde de cette quête inlassable de perfection ? Pour trouver la perfection, il nous faudra faire un saut de conscience, vers une nouvelle compréhension, celle du Cœur. Il nous faudra oser le paradigme de l’amour. C’est une quête sans fin. Qu’est-ce qu’il y a au bout ? En même temps que les choses se perfectionnent, l’ensemble du monde se détruit, se désintègre de plus en plus. La perfection n’existe pas dans le domaine de la raison. Quelle est la motivation profonde de cette quête inlassable de perfection ? Pour trouver la perfection, il nous faudra faire un saut de conscience, vers une nouvelle compréhension, celle du Cœur. Il nous faudra oser le paradigme de l’amour.

  24 octobre

 Capter un rêve c’est comme attraper une anguille par la queue, si nous ne sommes pas alerte et rapide, elle nous glisse entre les mains. Plus il y a de pensées qui passent entre le moment du réveil et le moment ou l’on veut reconstituer le rêve, plus c’est difficile. Surtout les pensées qui nous impliquent davantage, comme un mouvement de colère et d’impatience ou une inquiétude que ça ne va plus marcher… et le rêve recule définitivement dans l’obscurité. Si nous restons calmement avec une image, ou habité par une sensation, une autre image va se pointer, entre les images les fils se retissent, le rêve se révèle spontanément. 
En réfléchissant a ce processus il me venait que ça parle aussi de notre rapport au monde.  Nos pensées nous polluent plus qu’elles nous aident.C’est une belle images ui nous illustre comment nos pensées nous polluent plus qu’elles nous aident. Le plus souvent nous ne sommes pas dans un rapport direct avec notre réalité , mais nous la filtrons par une toile d’araignée de pensées, qui, avec la vitesse d’un éclaire., en suscitent d’autres …tout en nous éloignant d’un rapport limpide et transparent avec ce qui nous entoure, ou nous habite .. Nous pouvons la aussi opter pour rester tranquillement assis avec ce qui est, en écoute, laisser venir ce qui se manifeste, laisser venir notre faculté d’agir spontanément.

25/07/2014

Il faut FAIRE quelque chose. Il ne nous suffit pas de « penser  » à la spiritualité, à toutes ces belles vérités qui nous parlent, nous tentent…Si nous ne faisons pas quelque chose cela sera juste une pensée de plus!  L’autre jour, j’ai été frappée par une phrase de Barry Long : « La dévotion c’est l’amour plus l’activité. »

Faire, dans le sens d’action, cela peut être : s’asseoir, se concentrer sur la méditation, évoquer des sentiments de dévotion, dialoguer avec le divin, observer ses pensées. Oui, même si l’action se porte sur les pensées, elle est différente d’une pensée, c’est là toute la subtilité. L’action crée une brèche dans la chaîne inéluctable des pensées.

Donc peu importe l’action qu’on choisit , juste faisons-le !  Ayons une intention claire, et puis on y va! On saute, on fait l’effort.
Si il n’y a pas d’effort, pas de feu, pas de transformation. Il faut faire l’expérience qui vient grâce à tous ces petits sauts dans le vide ( vide des pensées! ) .

C’est dans ce vide que le divin nous parle, nous répond. Immanquablement. Car il existe dans notre foi.